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Terre d'Humus

* 02dec13 : les lasagnes au jardin PDF Imprimer Envoyer

Les lasagnes au jardin, c'est quoi ?

Les lasagnes au jardin est un terme qui désigne l'empilement successif sur un bout de jardin, de couches alternées de matière organique verte (tontes de gazon, épluchures, ...) et de matière brune (BRF, paille, ...).
Les praticiens de cette technique en mille-feuilles de matières organiques proposent d'empiler sur 30 à 60 cm de hauteur.
La dernière couche est constituée de compost semi-décomposé ou décomposé.
En voici le schéma de principe (source : magazine "Les 4 saisons du jardin bio").


Une fois la lasagne montée, on arrose pour bien l'imbiber. On peut aussi arroser après avoir épandu chaque couche brune, on contrôle ainsi mieux l'imbibation (c'est français?) de la lasagne.
Le mille-feuilles terminé, on laisse reposer quelques jours ou quelques semaines, on met les plants en place et, un peu plus tard, ça pousse fort !
Si la plantation donne de bons résultats, les semis en revanche sont déconseillés. En effet, la matière organique en décomposition freine la germination.

Vous trouverez sur le net de la littérature à ce sujet et plus de détails pratiques. Cela vaut la peine de s'y pencher et d'essayer.
Lisez par exemple cet article de Rustica.

 

Les lasagnes au jardin, quel intérêt ?

L’intérêt de cette technique :

- pas de travail du sol pénible, la structure du sol est préservée. C'est une bonne façon de passer d'une pelouse à un jardin, sans l'effort fastidieux de bêchage. Adapté aussi sur les terres ingrates.
- pas ou peu d'arrosage
- forte croissance et forte production
- valorisation des déchets ménagers et du jardin, sans passer par la phase de compostage en composteur, pas facile à réussir.

Nous l'avons testée en 2013 au jardin sur tomates, et elle donne des résultats très convaincants. Elle est donc adoptée et reconduite pour 2014.

 

Les lasagnes : exemple dans le jardin familial


Voici donc quelques images de nos lasagnes familiales, celles de 2013 et celles en cours de montage pour 2014.

Photo 1 : à gauche, la petite butte brune est une lasagne montée en septembre de cette année, d'une hauteur de 50cm.
À la date de la photo, le 1° décembre, sa hauteur atteint 25cm.
Quelques pieds secs de tomates y reposent.
Nous pensions cette lasagne achevée, mais les matières organiques ajoutées en couche fondent. Elles sont en effet progressivement digérées par les organismes décomposeurs dont les vers de terre épigés (les vers du fumier, qui vivent en surface). (photo prise dans la lasagne de gauche).
Un compost jeune est ainsi en cours de formation : ça travaille même en hiver !
Nous rehausserons sans doute cet ouvrage d'une couche verte et d'une couche brune.

À droite, presque au ras du sol, il s'agit d'une lasagne montée au printemps, qui a porté des patates.
Réalisée en partant d'un sol enherbé, couvert par une couche de carton, puis de mille feuille organique, elle atteignait lors du montage une hauteur de 60cm en avril 2013.
Aujourd'hui, elle n'est plus haute que de 5 à 10cm. La planche est prête pour les semis de printemps (petits pois et navets).
Il n'y aura donc eu aucun travail du sol entre avril et décembre 2013, juste l'arrachage de quelques liserons.
Aucun arrosage n'a non plus été effectué, sur une terre pourtant hyperdrainante (remblai de construction, morceaux de briques, cailloux, ...)


Voici maintenant dessous une lasagne en cours de montage.

Nous mettons nos épluchures domestiques sur une épaisseur de 5 à 10 cm. C'est la couche de matière "verte", riche en azote. Nous cachons cette couche inésthétique par des sacs en toile, retirés pour la photo.
Une fois la planche totalement couverte de matière verte (photo dessous à gauche), nous épandons une couche de BRF d'une épaisseur telle que la matière verte n'est plus visible, soit environ 4 cm. (photo dessous à droite).

Nous n'arrosons pas, les pluies s'en chargent. (Seules les lasagnes fabriquées en été sont humidifiées).
Dans quelques semaines ou mois, il ne restera plus aucune trace de ces restes. Même les trognons de choux et les peaux d'oranges (bio) auront été transformées en compost jeune.

Après quoi, des couches successives de matière verte, puis de matière brune seront ajoutées pour continuer le mille-feuille, jusqu'à atteindre une hauteur de 50-60cm environ. Nous y planterons ou sèmerons des courgettes.


Puis nous passerons à la planche voisine, pour monter une nouvelle lasagne.

Les lasagnes : que des avantages ?

La technique paraît séduisante à tous niveaux : on recycle de manière plus simple les déchets végétaux sans composteur. La production est abondante sur une petite surface.
L'arrosage est faible, voire nul. Très peu de désherbage.

Cependant, pour compléter l'horizon des points de vue, voici quelques reproches formulés à l'égard des lasagnes.

- les lasagnes demandent beaucoup de matières organiques !
Oui, mais, un des intérêts des lasagnes est de faire avec les matières organiques à disposition. On monte les lasagnes que l'on peut avec les déchets que l'on a.
Les cartons sont facultatifs, et surtout utiles quand il y a vraiment beaucoup de "mauvaises" herbes coriaces.
On complète éventuellement avec de la matière verte extérieure si on est riche en matière brune, et vice-versa.

- les lasagnes sont bien trop riches, et doivent donner des légumes bien trop chargés en nitrates !
Cette question mérite en effet d'être posée, et n'a, à ma connaissance, pas de réponses à ce jour. Il faudrait des analyses assez coûteuses pour y répondre.
Mais un signe semble indiquer que l'excès n'est sans doute pas une évidence. Le jardinier sait qu'une sur-fertilisation entraîne une fragilisation des plantes.
Or, aussi bien les pommes de terre que les tomates sur lasagnes n'ont montré aucun signe de maladies, malgré une croissance vigoureuse.

- le compostage à froid ne détruit pas les germes de maladies, le compost obtenu n'est donc pas stérile.
Nous alimentons les lasagnes à partir de déchets végétaux uniquement.
Les lasagnes à partir de déchets animaux (os, etc.) mériteraient, par principe de précaution, un délai de mise en culture supplémentaire.
Par ailleurs, nous y apportons sans réticence les plants de tomates en fin de saison, même malades.
Pourquoi ne pas écarter ces plants de tomates porteurs de mildiou ?
Tout simplement parce que notre expérience montre que le déclenchement du mildiou et autres maladies dépend uniquement des conditions climatiques, et non de la présence de spores sur place.
Nous avons ainsi obtenu de magnifiques plants de tomates issus de plants ravagés par le mildiou, ces plants s'étant décomposés sur place et ayant donné des semis spontanés d'une santé éclatante.

Tout semble donc indiquer que les plantes trouvent dans les lasagnes une alimentation parfaitement équilibrée, sans excès. Cette observation est commune à la majorité des jardiniers adepte de la méthode.


La technique paraît donc prometteuse, la saison 2014 nous confirmera tout cela !

... à suivre ......