Quand traiter les tomates à la bouillie bordelaise ?

Le mildiou est une maladie cryptogamique bien connue et, à juste titre, fortement craint par les jardiniers.

Pluie, puis un peu de fraîcheur à suivre, et vous avez la mauvaise surprise de voir apparaître la mildide sur vos semis de tomate…

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Au point que pour beaucoup, il est devenu une fatalité.

C’est votre affaire ?

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Sachez déjà que des mesures préventives, naturelles et efficaces, existent (même si aucune n’est infaillible).

Nous verrons donc plus loin comment prévenir et même réagir à la mildide.

Mais pour l’instant essayons de mieux comprendre cette maladie.

Qu’est-ce que le mildiou ?

Le mildiou est donc une maladie cryptogamique, ce qui signifie qu’il est causé par un champignon microscopique (phytophtora infestans pour le mildiou sur la tomate ou la pomme de terre, Peronospora parasitica pour les arbres crucifères ou plasmopara viticola pour la vigne… pour ne mentionner ici que les formes les plus courantes de mildiou).

Plante de tomate sévèrement affectée par la mildide ; les feuilles et la tige principale sont touchés

Le mildiou se manifeste d’abord par des taches brunâtres, avec un contour vert pâle, et une apparence huileuse sur le côté supérieur des feuilles. Sur la face inférieure, un feutrage blanchâtre peut être observé.

Rapidement, ces taches s’assombriront, et le feuillage se dessèchera complètement en quelques jours.

De même, des taches concentriques brunâtres peuvent apparaître sur les tiges et provoquer rapidement le brunissement des bouquets terminaux qui se recroqueront et mourront.

Enfin, surtout pour la tomate, les fruits vont pourrir…

Si la plante est complètement affectée, elle sèche complètement et mourra dans quelques jours.

Conditions du développement de la mildide

Le champignon responsable de la mildide hivernale dans le sol et ses germes sont transmis par l’air dans des conditions d’humidité élevée et de températures moyennes (la maladie cesse de se développer lorsque des températures supérieures à 26-28°C).

Prévenir le mildiou

Protéger de la pluie

La méthode la plus efficace de la protection contre le mildiou est de protéger les semis de la pluie.

Qu’il s’agisse d’un simple auvent transparent, d’une couverture spéciale de tomates ou simplement d’une serre (bâche en plastique ou verre), le simple fait de pousser sous abri limitera très fortement le risque de mildiou, à condition que la serre soit suffisamment ventilée, sinon l’humidité élevée résultant d’une mauvaise ventilation, ralentissant le séchage des plantes, peut également conduire à la mildide (ou d’autres maladies cryptogamiques).

Pour assurer une production, je cultive maintenant une quinzaine de semis de tomates sous serre… le reste étant à l’extérieur, soumis aux risques climatiques.

Choisir des variétés plus résistantes à la mildiou

Des hybrides ont été créés pour une meilleure résistance à la mildide.

Aujourd’hui, nous trouvons aussi des plantes greffées à cet effet (mais à moins que vous vous greffez vous-même, il n’est pas donné)…

Mais si, comme moi, seules les variétés anciennes trouvent grâce à vos yeux, sachez que certaines variétés résistez mieux.

J’ai pu voir chez moi que les tomates de Saint-Pierre, la Rose de Berne ou le Jubelé d’Or étaient moins facilement touchées par la brûlure tardive que le Coeur de Boeuf ou le Noir de Crimée par exemple. J’ai également noté que certains d’entre eux (en particulier le Jubelé d’Or) continuaient à produire des fruits sains sans problèmes malgré la présence de la maladie.

Je tiens à préciser qu’une variété peut mieux résister dans certaines conditions, mais pas nécessairement dans d’autres.

La meilleure approche possible est donc de tester (une pratique qui s’applique à tout dans le jardinage naturel) différentes variétés au fil des ans et de tirer vos propres conclusions…

Ne pas tailler

Les blessures causées par l’élagage sont la porte de la mildide et d’autres maladies cryptogamiques.

Le fait de ne pas sculpter limitera donc les risques. Cependant, il est donc essentiel d’espacer plus de plantes pour permettre une aération suffisante.

Traiter comme une prévention contre la mildide

Les divers les traitements existants ne guériront pas la mildide. Cependant, ils sont utiles à des fins préventives, avant l’apparition de la maladie, mais aussi quand elle est présente et pour l’empêcher de se propager dans tout le semis.

Bouillie de Bordeaux ou autres produits en cuivre

Les produits en cuivre sont couramment utilisés pendant une longue période pour prévenir le mildiou.

Je ferais trois remarques :

  • les souches les plus récentes de champignons semblent plus virulentes et la bouillie de Bordeaux n’est plus toujours efficace (d’où la commercialisation de produits chimiques de plus en plus toxiques) ;
  • cuivre est phyto-toxique et affecte particulièrement négativement la floraison (lire les recommandations d’utilisation sur les paquets de bouillie de Bordeaux) ;
  • le cuivre s’accumule dans le sol avec des conséquences importantes pour la vie du sol et surtout sur les populations de vers de terre.

Pour ces raisons, je refuse depuis quelques années maintenant d’utiliser du cuivre dans le jardin.

Bicarbonate de

Le bicarbonate de soude est une alternative intéressante à la bouillie de Bordeaux pour protéger vos cultures de la mildide :

  • Verser 1 cuillère à café de bicarbonate de soude dans 1 litre d’eau.
  • Ajouter 1 cuillère à café de savon noir (ou Marseille).
  • Dès la plantation, pulvériser le mélange sur toute la plante.
  • Répétez une fois par semaine pendant deux mois et après chaque pluie.

Notez, cependant, que, comme la bouillie de Bordeaux, le bicarbonate de soude nuit à la floraison. Il convient donc de traiter en dehors de la floraison ou, en période de floraison, en prenant soin de ne pas atteindre les fleurs florissantes (traiter sous la dernière floraison).

Purine de prêle

Les traitements répétés à la purine de prêle (voir ici) ont une certaine efficacité dans la prévention de la mildide…

Consoude et purine d’ortie

De même, l’arrosage avec du fumier de consoude, ou même de purine d’ortie, renforcera les défenses naturelles des plantes et les rendra ainsi plus résistantes aux maladies, y compris la mildide.

Éliminer parties touchées par la mildide

Enlever le feuillage et les branches affectées (évidemment si cela ne concerne pas l’ensemble de la plante…). Cela évitera la propagation immédiate.

Vous pouvez mettre les feuilles malades au compost. L’élévation de la température de ce dernier détruira les germes du champignon. Certains considèrent qu’un tel compost aurait même des propriétés protectrices contre la mildide…

Ne poussez pas au même endroit

Si la mildide s’est produite dans votre maison, il vaudra mieux s’abstenir de cultiver des tomates à nouveau au même endroit pendant au moins 5 ans.

Lait

Le lait semi-écrémé ou entier (mais odeur désagréable avec ce dernier) peut également être utilisé comme traitement antifongique.

Il est plus couramment utilisé contre l’oïdium, mais certains témoignent de son efficacité également sur la mildiou.

Mélanger 1 volume de lait pour 9 volumes d’eau et pulvériser rapidement sur toute la plante.

Ce traitement aurait également une certaine efficacité en…

Décoction d’ail

L’ail a des propriétés fongicides.

Ainsi, il peut être utilisé, sous la forme d’une décoction, pour protéger nos cultures de la mildide.

Voir ici l’article consacré à la décoction d’ail.

Réagir à la mildide

mildiou de la pomme de terre

Plantules de pommes de terre légèrement affectées par le mildiou… d’autres sont beaucoup plus sévèrement touchés.

Mes pommes de terre ont donc été fortement touchées par la mildide fin juin (2016)…

Ma première réaction (après la désolation) était d’éliminer les parties touchées… et dans ce cas je dois tout tondre.

Ensuite, j’ai récolté immédiatement les semis les plus touchés (avant que la maladie ne se propage aux tubercules), avec une belle surprise : très belle récolte ! Il faut dire que les semis étaient très bien développés, L’inconvénient étant que la peau est encore très mince… ces pommes de terre ne garderont pas très longtemps.

Malgré une grave attaque de mildiou, les récoltes de pommes de terre (ici Les Charlottes) se révèlent fructueuses

Je prends donc le risque d’en laisser une partie sur terre (les semis les moins touchés) mais après aussi tondre le feuillage… alors je ferais quelques traitements avec la prêle sur le sol… espérant que les pommes de terre ne seront pas contaminées.

mildiou de la tomate

Sachez que si les semis de tomate ne sont pas complètement atteints et que les conditions météorologiques le permettent, il est possible d’arrêter la propagation de la mildide.

Dans ce cas, chez moi, les températures ont rapidement augmenté au-dessus de 30°C (ce qui, comme nous l’avons vu plus haut, arrête le développement de la maladie).

Après avoir éliminé les parties touchées (feuilles et quelques branches*), j’ai rapidement effectué un traitement au bicarbonate de soude et aussi un traitement combiné ortie/purine de consoude. Je renouvellerai ces traitements tous les 5 jours autour…

*Ne pas élaguer mes pieds de tomate me permet de trouver des rejets sains sur la plupart des plantes…

Plante de tomate après enlèvement des feuilles touchées par la mildide

On verra ce que ça va donner…

Et à la maison ? Tout va bien… ou pas ?

Est-ce que le mildiou a frappé vos tomates ou vos pommes de terre ?

En plus de cet article, pour mettre toutes les chances de votre côté pour le succès de vos cultures de tomates, je vous recommande vivement de lire la « méthode du mildiou » présentée par NicolasLarzillière.