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8 impasse des acacias - 58160 SAUVIGNY-LES-BOIS - 06 11 85 28 64 - yl@terredhumus.fr


Terre d'Humus

* 09Juin10 : bio sans labour chez Wenz PDF Imprimer Envoyer

Chaque année en juin, la famille Wenz en Allemagne fait Portes Ouvertes dans sa ferme en biodynamie et sans labour. J'étais présent cette année. Voici le compte-rendu de la visite.

Qu'y a t'il de particulier chez les Wenz, qui vaille le déplacement ?

Tout simplement le fait qu'il s'agit d'un des pionniers de l'agriculture bio sans labour.
Le labour a été abandonné il y a une trentaine d'années au profit d'un travail très superficiel. Depuis, la fertilité du sol va croissant et les interventions se simplifient au fil des ans.

Sans doute un des rares exemples d'agriculture naturelle performant dans la durée en Europe :

* sans compost ni fumier ni autre apport extérieur fertlisant
* sans opération de désherbage entre le semis et la récolte
* et des rendements nettement au-dessus de la moyenne en bio

 

La famille Wenz [Manfred WENZ, le père et Friedrich, le fils] cultive en biodynamie 30 ha dans la plaine du Rhin, non loin de Strasbourg, en Allemagne. Les cultures principales sont les céréales, les légumineuses, et quelques cultures de niche (carthame, caméline, soja, semence de trèfle violet, ...)

 

Les Wenz cultivent sans labour. Les seuls travaux du sol consistent en des scalpages superficiels (5 cm) avant semis.

 

La gestion des adventices se fait avant le semis et aucune intervention n’est effectuée entre le semis et la récolte.
Aucune fertilisation n'a été apportée sur la ferme depuis une vingtaine d'année. Précédemment, la ferme Wenz bénéficiait du fumier d'un éleveur proche.

 

Les rendements sont au minimum équivalents, voire supérieurs à l’itinéraire « labour », pour des coûts inférieurs, et avec une amélioration du taux d’humus continue, malgré l’absence de tout apport organique autre que la restitution des pailles (pas d’exportation).

 

La petite histoire de la ferme

La ferme comporte 30 ha, répartis sur 33 parcelles. Les sols sont de nature alluvionnaire (nous sommes dans la plaine du Rhin), et les parcelles sont hétérogènes, certaines comportent des sols à 30-35% d’argile. En Allemagne, la fertilité des parcelles est située sur une échelle de 0 à 100. Le chiffre 100 indique un sol de potentiel indépassable.
Les terres des Wenz et des environs sont situées sur des anciens marais asséchés, sur des anciens bras du Rhin, avec des veines de graviers et d'autres d'argiles. le potentiel de fertilité des sols
est de 25 à 30, c'est à dire des sols médiocres.

L'installation de Manfred WENZ a lieu 1954. La ferme est constituée au départ uniquement de prairie. Initialement, Le sol était assez riche en humus, avec 40 à 60 cm de sol noir.

Manfred Wenz convertit les prairies en cultures de maïs-blé, conduite conventionnellement (engrais chimiques, désherbants, labour).

Progressivement, malgré des doses d'engrais et de désherbants croissantes, les rendements baissent, les cultures se salissent, le taux d’humus chute, la terre s’éclaircit et devient dure.

 

Dans les années, 1960, le chemin de Manfred WENZ croise celui de RUSCH et MÜLLER, deux suisses à l'initiative de la structure BIOLAND, qui promeut l'agriculture biologique.
C’est en 1969 que Manfred Wenz décide de passer en bio, tout en continuant le labour. La herse étrille, la bineuse et un désherbeur thermique sont uilisés pour combattre les adventices. Mais les rendements continuent à chuter, les sols poursuivent leurs dégradations et les cultures sont de plus en plus sales.

En 1979, la famille est au bord de la ruine. C’est alors que Manfred Wenz rencontre fortuitement M. KEMINK, un fabricant d’outil de travail superficiel de sol en maraîchage. Il s'endette alors pour financer l'outil proposé par KEMINK, accompagné d'une année de conseil.

C'est la dernière chance. 

Manfred Wenz adopte dès lors la technique suivante : 1/3 de la surface est cultivée en blé, les 2/3 restants sont en prairie pour reconsituer la fertilité du sol.

La rotation s’effectue sur 3 ans. Avec la méthode Kemink, la prairie de 2 ans est détruite sans retournement, et après 6 à 8 passages de travail superficiel occasionnant un compostage de surface, la terre est prête pour le semis du blé.

Le succès est au rendez-vous : les rendements s’améliorent progressivement pour arriver à 43 qx/ha en moyenne décennale.
 

Puis arrive 1998, année charnière. Plusieurs changements interviennent. 

C’est d'abord la découverte de la biodynamie avec la rencontre de Alex Podolinsky. Ce dernier fait part d’effets très positifs de l'approche biodynamique sur la vie du sol, l’enracinement et la santé des plantes.

C'est ensuite l'adaptation de l'outil Kemink aux besoins des Wenz. Un prototype est réalisé par Ulrich SCHREIER, qui amène les Wenz a simplifier la technique Kemink en réduisant le nombre de passages.
Enfin, troisième évolution, Friedrich, le fils, reprend la ferme et met en culture la totalité des 30ha, en subsituant la prairie par une année de trèfle.

EN 1999, après une visite de Manfred au Brésil, le semoir brésilien SEMETAO arrive sur la ferme. Il est revendu en 2004 lorsque l'outil ECODYN intègre la fonction "semis" : la dernière opération de gestion des adventices et le semis s'effectuent en une seule opération au lieu de deux, ce qui évite lors du semis de compacter le sol ameubli par l'opération préalable de préparation.

Depuis 2004, les techniques se sont affinées mais n'ont pas connu d'autres profondes évolutions.

 

Les techniques aujourd'hui utilisées sur la ferme

 

Les techniques utilisées sur la ferme sont inspirées des principes suivants :

  • * Autonomie maximale : auto production de semence chaque fois que possible, pas d’intrants (pas d’achat de compost ou fumiers, non présents sur la ferme). Les seuls achats : certaines semences, carburant bien sûr et certaines préparations biodynamiques.
  • * Travail du sol le moins fréquent possible et le plus superficiel possible
  • * Réduction des temps de travaux, de la puissance du tracteur, de l'usure des outils
  • * Recherche du coût minimal et de la marge maximale, le rendement n'étant pas l'unique objectif, le seul moyen pour eux d’être rentable même en situation de prix bas
  • * Recherche de l’activité biologique maximale favorisée par une faible perturbation de la structure biologique du sol, et par la production d'un maximum de "fourrage", adventices y compris. En effet, l'hypothèse faite est que plus les "repas" pour les organismes du sol sont variés, plus intense sera la vie du sol, et plus grande la fertilité. Les adventices font partie intégrante de cette diversité de fourrage.

Les techniques et outils :

  • * Un outil principal : l’ECODYN qui assure l’ensemble des fonctions préparation du sol et semis. La herse étrille n'est utilisée que pour le nivellement du sol et de manière facultative pour l'implantation du trèfle blanc en 1° année de la rotation. (voir plus bas la partie sur la rotation)
  • * Fertilisation : aucun intrant depuis une vingtaine d'années sauf les préparations biodynamiques 500 et 501. C’est la restitution des pailles qui remonte le taux d’humus, et les légumineuses qui approvisionnent le sol en azote.

 

wenz-matos-pulve-biodyn.jpg

Photo 1 : matériel de pulvérisation des préparations biodynamiques (40litres/ha), 12 km/h. Les rampes repliées ici sont dépliées pour la pulvérisation au champ.

 

  • * La préparation du sol et la gestion des adventices sont faits préalablement au semis par scalpage du couvert ou des adventices.
  • * Aucune intervention entre le semis et la récolte : si d'aventure après semis, les adventices prennent le dessus, une autre option peut être prise et un autre semis effectué au printemps (exemple : semis d’épeautre effectué automne 2009, envahi début 2010, le couvert mixte adventices-épeautre a été alors fauché et un semis direct de soja a été effectué)

 

wenz-soja-couvertspontane-e.jpg

Photo 2 : semis direct de soja dans un couvert mixte adventices-épeautre fauché. Le soja va rapidement couvrir l’entre rang et étouffer les adventices.

L’outil polyvalent ECODYN

 

Le semoir peut semer plusieurs types de graines (jusqu’à 3) simultanément et à 3 profondeurs différentes.

Il peut être configuré en version « scalpage » pour la destruction du couvert de trèfle employé les premières années de la rotation ou en version semis.

 

wenz-ecodyn.jpg

Photo 3 : l’outil de semis ECODYN. Sur un même chassis, disques ouvreurs du sillon, dent semeuse, herse, rouleau (2 roues de terrage peuvent se substituer au rouleau), herse.

  wenz-dent.jpg

 

 

 

 

Photo 4 :

 

Soc de semis direct pour semis dans un couvert. Vue de devant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

wenz-dent-semeuse.jpg

Photo 5 : Soc de semis direct. Vue de derrière.

 

   

 wenz-sillont-ecodyn.jpg

 

Photo 6 : germination dans le sillon ouvert. Le soc a déposé la graine et les outils postérieurs (herse/rouleau cage/herse) ont ramené la terre sur la graine. Le profil du sillon est en "T" inversé.[Soja]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le profil en T inversé permet de conserver un maximum d'humidité dans le fond du sillon, comme le suggère le schéma ci-dessous.

 

 

 

 profil_t-inverse.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source du schéma : http://www.fao.org/ag/ca/fr/3g.html

La rotation type sur 5 ans (parfois 6 ou 7) chez les WENZ

Année 1 : démarrage au printemps avec un semis de trèfle, fauché une à trois fois avant le semis direct du blé semé à l'automne dans le couvert de trèfle.

 

Année 2 : après la moisson, le trèfle repousse. Puis il sera scalpé en 3 ou 4 passages espacés de quelques semaines. Un blé est à nouveau semé à l’automne dans un sol « débarrassé » du trèfle.

 

wenz-a2rot-ble.jpg

Photo 7 : blé en juin de l’année 2 semé sous couvert de trèfle

 

wenz-trefle-ble.jpg 

Photo 8 : le trèfle sous le blé en année 2

Les 18 mois de trèfle seul, puis trèfle+blé ont pour fonction de reconstruire le capital du sol. Les années suivantes, le capital est utilisé pour produire.

L’objectif est qu’à la fin de la rotation, le capital soit plus important qu’au début.

 

Année 3 : moisson du blé [ou épeautre], puis un engrais vert est semé

 

wenz-epeautre.jpg

Photo 9 : épeautre en année 3. Verse en bout de champ lié à des accumulations de paille. Paille = humus = libération d’azote = verse

 

Année 4 : féverole ou soja ou pois d’hiver. Des mesures d’azote ont montré avec la féverole une présence de 250 kg d’azote/ha.

 

Année 5 : millet ou sarrasin ou seigle.

wenz-seigle.jpg

 

Photo 10 : seigle en année 5… cherchez le Wenz...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette rotation standard est soumise à de multiples variantes : trèfle violet au lieu de trèfle blanc par exemple, épeautre au lieu de blé, etc.

 

La vie du sol

 

Une des clés du système est la recherche d'une diversité et d'une richesse de la vie du sol. Les traitements biodynamiques rentrent dans cette logique. Le travail le plus superficiel possible également.

 

wenz-insecte-ble.jpg

Photo 11 : les cultures Wenz sont riches en faune de toute sorte. Insecte à identifier !!!

 

 

Selon les Wenz, la biomasse vivante se compte à hauteur de 10T/ha, dont seulement 15 à 20% de vers de terre. 50% est invisible à l’œil nu et constitué de champignons, bactéries, algues, etc.
La philosophie à la ferme est de nourrir le troupeau des organismes souterrains en leur fournissant un couvert végétal sur la période la plus longue possible. Dit autrement, tout est fait pour déranger le moins possible cette vie cachée et lui fournir du casse-croûte sous la forme des résidus végétaux (résidus de cultures et d'adventices). Il faut signaler à ce sujet que les variétés de céréales sont des variétés à paille longue (KAPO pour le blé, qui présente par ailleurs un tallage important).

 

wenz-turricules.jpg

Photo 12 : turricules (tortillons) de vers de terre sous blé+trèfle blanc = une réserve de fertilité pour les années à venir

 

Pour favoriser la vie, l’orientation est de varier le plus possible les cultures dans le temps pour offrir au sol un maximum de racines différentes et ainsi favoriser un maximum d’organismes différents. Les Wenz essaient de se rapprocher du "système de production" de la nature qui fait cohabiter graminées crucifères légumineuses, etc.

Cela permet de construire le système le plus diversifié et stable possible.

Dans la même idée, l’idéal est de combiner les cultures sur un même espace ([exemple : trèfle-blé ou pois-prairie ou sarrasin tournesol trèfle].

 

L'ensemble de ces pratiques ont permis de remonter le taux d’humus qui se situait au plus bas à 1,5% à des taux de 4 à 5% sur les 5 premiers cm du sol, tandis que la porosité du sol atteint 50% à 30 cm.
 

 

Les résultats qualitatifs et quantitatifs

Comparatif FiBL bio labour / bio ECODYN avec travail superficiel et biodynamie

Un comparatif a été effectué par le FiBL, organisme indépendant de recherche suisse.

Les deux approches bio ont été comparées sur des parcelles expérimentales en Suisse : labour d’une part et techniques Wenz d’autre part.

Il a donné les résultats suivants.

En moyenne sur blé, tournesol, maïs, trèfle graminée, l’écart de rendement entre les deux approches est de 11% en faveur de l’approche Wenz.

Dans le détail : blé (-10%) , tournesol (=) , maïs (+34%), trèfle/graminée (+30%). L’effet positif est surtout attribué à une meilleure alimentation en eau. Par ailleurs, la technique ECODYN montre une activité biologique ([mesurée par la respiration des organismes du sol = CO2] supérieure de 27% par rapport à l’outil charrue, avec un différentiel de conservation de l’humus de 3,7 kg carbone/ha .

Le moindre rendement sur blé est attribué à un réchauffement du sol plus lent au printemps sans labour, donc à une moindre minéralisation et disponibilité de l’azote.

 

Comparatif bio Wenz / conventionnel

Les écarts moyens de rendements sont de 15 à 20% inférieurs avec l’agriculture conventionnelle, avec une bonne marge économique du fait du faible nombre d’interventions, de l’absence d’intrants, même organiques, et des prix très corrects vendus dans les circuits locaux. Par exemple, le rendement du blé sous trèfle est de l'ordre de 30 qx/ha (1° année de la rotation), et peut atteindre 60 qx/ha en 2° année et le seigle qui suit donne 40 à 45 qx/ha.

 

Les résultats chez Wenz

 

  • Chez les Wenz la teneur en protéines du blé varie de 11,5 à 12,5%, avec une variété de blé standard. La teneur élevée est attribuée à une mobilisation de l’azote présent dans l’humus.
  • Bons résultats notamment en années sèches où la levée est bonne.
  • Pas de maladies ni de problèmes de limaces sauf sur tournesol.
  • La qualité boulangère est très appréciée par un boulanger local.
  • Les rendements : 80% de ceux du conventionnel en moyenne, soit 40 à 50 qx/ha sur blé par exemple, contre un potentiel de 50-60 qx chez les voisins en conventionnel.
  • Évolution des rendements : ils ont progressé jusqu’à arriver maintenant à un plateau ces dernières années, mais les Wenz estiment qu’il y a encore un potentiel de progression de 20%, notamment par l’extension du semis direct dans des couverts vivants au détriment du scalpage avec les pattes d’oie ECODYN.
  • L’autre idée consisterait à intégrer aux techniques présentes l’utilisation d'une fertilisation apportée au semis.

 

La biodynamie et autres préparations 

  • Les préparations 500 ou 501 sont utilisées 1 fois à l'automne et 1 fois au printemps.
  • Après essais comparatifs, un impact positif faible mais notable, principalement sur l' état sanitaire et sur la structure du sol a été observé.
  • Pulvérisation à 40 litres/ha, buses vers le haut.12 km/h en 4x4
  • Enrobage des semences avec une préparation maison à base de compost.

 

Les essais de semis direct sous couvert chez les Wenz


  • Les Wenz essaient maintenant de faire s'enchaîner les cultures sans temps mort.
  • L'idéal étant de semer la culture qui suit dans les résidus de la précédente.

  • Par exemple, un semis de soja dans un couvert mixte repousses d'épeautre- adventices fauché une fois mi avril, une deuxième fois mi-mai (voir photo 3 plus haut.)

  • Autre exemple, testé à titre expérimental, semis de pois dans une prairie fauchée au printemps. Le pois est récolté l’été et la prairie continue…. Double récolte…

 

wenz-pois-prairie.jpg

Photo 13 : pois semé dans prairie. Récolte de pois prévue. Fauche de la prairie et semis du pois mi avril.

 

Les adventices

Au départ de la mise en place de ces techniques, la ferme était envahie de beaucoup de rumex, de chardons, de folle avoine. Le problème est maintenant réglé.
Quelques spontanées sont présentes dans les cultures : liseron, gaillet, coquelicot, vesce, graminée, géranium, etc.
D'ailleurs, la propreté absolue n'est pas recherchée. Les adventices sont considérées comme les infirmières du sol. Elles sont là pour corriger les déséquilibres liés à une rotation très riche en céréales et pauvres en cultures de printemps (tournesol, maïs).


Un petit mot sur le chardon : sur la ferme, le chardon a disparu des cultures, mais refait surface au moindre faux-pas, notamment si le sol est travaillé par temps humide, ou si les pratiques entraînent une compaction.

Avec l'ensemble des techniques employées et la maîtrise de ces vivaces, les WENZ ont résolu un des obstacles principaux de la céréaliculture bio. Ils ont pu vérifier sur une parcelle récupérée en 2002 l'efficacité de leurs procédés : infestée de chardons, rumex, folle avoine et matricaire, cette parcelle a donné des récoltes propres et corrects après 2 années de culture de trèfle.

Parfois, mais rarement, certaines cultures sont abandonnées lorsqu’elles sont envahies d’adventices. Nous en avons visité une, ressemée en soja au printemps après un échec de semis d'épeautre. Voir la photo 2.


 

Ravageurs et maladies

Aucun souci majeur de maladies ou d’insectes chez les Wenz.
Seule la culture du tournesol a été abandonnée car la récolte était effectuée par les oiseaux...

De plus, le tournesol reste à la levée sensible aux limaces.

Les éventuels dégâts sont tolérés. Pour les Wenz, l’écosystème doit être respecté et toute démarche destructrice revient à créer un déséquilibre qui sera néfaste ultérieurement. Pour cela, Friedrich compare l’écosystème « culture » à un ensemble mécanique : si on enlève une rondelle, un pignon, ça ne marche plus. De la même manière l’ensemble de la faune et de la flore a son rôle à jouer. Faune et flore interagissent pour former un système complexe et stable. Pour Friedrich, le boulot de l’agriculteur est d’insérer sa culture en perturbant le moins possible l’écosystème.

 

Conclusion

Les Wenz ont maintenant un système bien rodé, stable agronomiquement et économiquement, avec des coûts très faibles et des marges confortables.

Les points remarquables sont qu'ils parviennent à obtenir des rendements réguliers sans aucune fertilisation autre que les légumineuses introduites dans la rotation et la restitution des pailles. La première année de trèfle est la clé de voute de la fertilité du sol.

Autre point intéressant : absolument aucune intervention entre semis et récolte, ni de désherbage, ni de traitement fongique ou insecticide.

La seule intervention de désherbage a lieu avant le semis, par un scalpage du trèfle ou des adventices, en 3 ou 4 passages espacés de quelques semaines.

Des marges de progression existent encore en généralisant les essais de semis direct sous couvert vivant, ce qui éviterait les 3 ou 4 passages de scalpage. Par ailleurs, des essais sont prévus prochainement pour apport une fertilisation "starter" au moment du semis.

 

Agriculteur ou jardinier, nous voilà à l'aube d'une ère où, respectant et nous appuyant sur le vivant, nous pourrons obtenir de belles récoltes sans travailler le sol (adieu charrue, motoculteur, bêche, grelinette, ...) sans fertilisant et sans traitement ! Ces résultats ne s'obtiennent pas du premier coup, cela passe par un apprentissage et des outils adaptés.

Les Wenz,  à la suite de Fukuoka au Japon, ou de Emilia Hazelip en maraîchage, de Jean-Marie Lespinasse ou Dominique Soltner au jardin, ont montré que cela est possible.

A leur suite, j'expérimente dans mon petit jardin : les premiers résultats de semis direct de petits pois sous couvert végétal vivant sont présentés ICI.

Un essai de semis de maïs en semis direct sous couvert végétal vivant d'engrais vert a été également réalisé... des nouvelles bientôt.

Pour en savoir plus

Site du constructeur de l'outil ECODYN sur lequel on trouve d'autres liens : ECODYN
Galerie photo de Franz BRUNNER , agriculteur autrichien (certaines séries de photo seront prochainement traduites).
Vous pouvez notamment visionner la série N°18, qui montre le passage d'une "culture" de chardons à une culture de céréales, après une année de "cure" de trèfle.