Trouver la meilleure forme à donner à votre olivier

Un olivier taillé sans méthode, c’est un arbre qui oublie de fructifier. Derrière chaque coup de sécateur, il y a une promesse : celle d’une récolte généreuse et d’un arbre qui traverse les années avec vigueur. Pourtant, réussir la taille d’un olivier ne relève ni du hasard, ni de l’intuition. Il faut agir avec discernement, choisir le bon outil, le bon moment, et savoir ce que l’on attend de chaque geste.

Différents types de taille

La taille annuelle de l’olivier ne se résume pas à une simple coupe pour la forme, il s’agit d’un véritable acte d’équilibre entre rendement et santé de l’arbre. À chaque olivier, son histoire, et donc sa taille. On distingue plusieurs façons de faire, selon l’objectif visé : production abondante, arbre ornemental ou récupération d’un sujet négligé.

Pour y voir plus clair, voici les principaux types de taille appliqués à l’olivier :

  • L’élagage d’entraînement, réservé aux jeunes arbres, vise à former un tronc unique et solide. Toutes les branches latérales sont éliminées pour renforcer la structure centrale, un passage obligé pour un développement harmonieux.
  • La taille de fructification s’attache à équilibrer et aérer les branches, afin de maintenir une bonne production. Ce geste, à répéter régulièrement, soutient la vitalité de l’arbre et assure une récolte stable.
  • La taille de récupération, quant à elle, intervient sur les arbres fatigués ou abandonnés. Elle est plus radicale et vise à régénérer le végétal, en le débarrassant des parties improductives ou vieillissantes.

La taille esthétique, moins courante, concerne surtout les oliviers destinés à l’ornement. On la pratique rarement, la priorité restant la production d’olives, mais elle peut redonner une allure remarquable à un arbre affaibli ou mal formé, lui offrant une seconde jeunesse.

Quand couper un olivier ?

Toutes les tailles ne se valent pas, et le calendrier joue un rôle clé. L’entretien classique s’effectue généralement vers la fin de l’hiver, entre fin février et avril. Ce créneau correspond à la sortie de la période froide, juste avant que les bourgeons n’apparaissent. Rythmer la taille chaque année permet d’accompagner le cycle naturel de l’olivier.

Pour la taille de production, l’intervention démarre dès la plantation. Dès le début, il s’agit de guider l’arbuste vers la silhouette la plus favorable à la fructification. Quant à la taille de fructification, elle trouve sa place tous les cinq ans environ, un rythme qui favorise la régularité des récoltes.

Enfin, un olivier laissé à lui-même prend de la hauteur au détriment de la production. D’où la nécessité, tous les six à dix ans, de maîtriser cet élan vertical. Les fruits se développent de préférence à proximité du tronc, là où la lumière et la sève se concentrent.

Comment couper les oliviers de la bonne manière ?

Pour intervenir efficacement, quelques outils s’imposent : sécateur aiguisé, scie d’élagage, et produits cicatrisants pour protéger les coupes. À la plantation, dès que l’arbre atteint un mètre ou qu’il a passé quatre ans, il est temps de modeler sa charpente. On commence par sélectionner les branches principales, bien réparties autour du tronc, puis on élimine les plus faibles. La branche centrale, elle, se pince pour encourager le développement latéral.

Pour l’entretien, l’objectif est de dégager le pied de l’arbre. On retire les pousses qui émergent autour du tronc et toutes celles qui s’étendent vers l’extérieur de façon désordonnée. Un olivier bien aéré respire mieux et limite les risques de maladies.

La taille de fructification, elle, consiste à retirer les rameaux ayant déjà produit des olives. On s’attaque aussi aux branches arquées et aux jeunes pousses qui épuisent la sève inutilement. Les portions de bois mort sont supprimées, et l’on réduit d’un tiers les branches trop vigoureuses. Sur un jeune sujet, laisser une brindille de fruits tous les 15 cm favorise une croissance équilibrée.

Conseils pour une élagage réussie

Respecter le rythme naturel de l’olivier, c’est tailler après le passage des grands froids, juste avant l’éveil des bourgeons floraux. En aérant la ramure, on limite la propagation des maladies et on encourage la circulation de l’air. Dans les petits vergers ou pour un arbre isolé, la taille peut se faire plus en douceur, sans forcément suivre la cadence annuelle des grandes exploitations.

Voici quelques repères pour éviter les erreurs les plus courantes :

  • Les branches exposées au soleil poussent plus activement. Gardez ce détail en tête pour équilibrer l’ensemble et éviter que l’ombre ne s’installe au centre de l’arbre.
  • Supprimez les jeunes pousses vigoureuses, aussi appelées gourmands, lorsqu’elles sont mal placées et risquent de priver l’arbre principal de lumière ou de nuire à la maturation des fruits.
  • Enlevez également les gourmands qui se développent au cœur de l’olivier, pour laisser passer la lumière jusqu’aux branches internes.
  • Les rameaux trop longs, souvent improductifs, méritent d’être raccourcis pour concentrer l’énergie sur les parties fructifères.
  • Pensez à éliminer les rejets qui apparaissent au pied de l’arbre et sur le tronc, signes d’une énergie dispersée.

Lorsqu’il s’agit de sauver un arbre épuisé, la taille de récupération s’impose. On coupe alors le tronc à quarante centimètres du sol, ne gardant que quelques branches latérales. Cette intervention radicale peut surprendre, mais elle réveille parfois des oliviers que l’on croyait perdus, y compris après un gel sévère.

Le pincement, geste précis du printemps, limite la croissance excessive des branches et stimule la ramification. Dès que les premiers jours chauds s’installent, c’est le bon moment pour intervenir.

Un olivier bien taillé, c’est l’assurance d’un arbre vivant, productif et résistant. Sécateur en main, vous façonnez non seulement la silhouette de votre arbre, mais aussi la générosité de ses récoltes. À chaque saison, l’arbre vous le rendra, feuillage argenté, fruits charnus et promesse renouvelée d’une récolte à venir.

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