Miel et miellat : comprendre ce qui les distingue vraiment

Miel est la première forme de sucre utilisée par les humains. Mais c’est surtout manger des abeilles avant que ce soit l’ Le un de nos aliments. Les abeilles le font après un long travail, qui est l’interaction fondamentale entre le monde animal et végétal.

Chérie, notre premier sucre

Tu sais comment les abeilles font du miel ?

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Préparation de miel

Tout commence avec la quête du nectar : les abeilles butinent le nectar des fleurs. Mais elles ne s’égarent pas au hasard. Chaque abeille cible une espèce précise et, pour éviter le gaspillage, dépose un signal hormonal dans la fleur visitée. Ainsi, pas de détour inutile : une méthode d’une efficacité redoutable.

Au passage, leur corps couvert de poils se charge de pollen, favorisant la pollinisation des fleurs choisies. Une abeille visite environ 30 fleurs avant de retourner à la ruche déposer le nectar soigneusement collecté dans ses alvéoles.

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Chéri, tu le savais ?

Il faut butiner près de 1 million de fleurs pour produire 1 kg de miel. Sur l’ensemble de ses voyages, une colonie d’abeilles parcourt l’équivalent d’un tour du monde pour rapporter cette précieuse denrée.

La conversion du nectar en miel est réalisée par deux facteurs

Le processus débute par un séchage partiel du nectar, qui, à l’origine, contient environ 50 % d’eau. Ce liquide sucré passerait rapidement à la fermentation s’il restait tel quel. Pour éviter cela, les abeilles brassent la substance avec leurs mâchoires, l’aèrent à grands coups d’ailes et la transmettent de bouche en bouche, ce que l’on nomme l’élaboration goutte à goutte. À chaque étape, une partie de l’eau s’évapore. Les sécrétions enzymatiques des abeilles transforment aussi la composition du nectar, jusqu’à ce que la teneur en eau descende à 17 %. À ce stade, les alvéoles sont scellées à la cire : le miel est prêt à se conserver pendant des mois.

Le deuxième facteur : l’enrichissement. Le nectar, prédigéré dans la bouche des abeilles, évolue sur le plan chimique ; la part des sucres se modifie, tout comme la richesse enzymatique et les propriétés antiseptiques. Le temps passé dans les alvéoles sous l’air chaud et constant de la ruche, 35 °C, permet au miel de mûrir, développant sa flore spécifique.

Quelle est la différence entre le miel et le miellat ?

Miel de sapin et de chêne : ces appellations désignent en réalité des miellats. Leur origine n’a rien à voir avec celle des miels de fleurs. Ici, les abeilles collaborent avec… des pucerons.

Le miellat, la douceur des pucerons

Lors des années sèches, les pucerons se nourrissent de la sève des arbres. Ce faisant, ils rejettent une substance sucrée et sombre, riche en minéraux : le miellat. Cette excrétion attire autant les fourmis que les abeilles, qui la récoltent à leur tour.

Ce miellat, transformé par les abeilles, donne un miel sombre, à la saveur puissante, chargé en éléments minéraux. Sapin, chêne, forêt : ces miels n’ont rien à envier en complexité à leurs cousins floraux.

De quoi est fait le miel ?

Pour saisir les propriétés du miel, il faut s’intéresser à sa composition :

  • Eau : L’eau dite « lourde », ou deutérium, provient des racines des plantes puisées en profondeur.
  • Matière sèche : Plus de quinze sucres différents, dont la proportion varie selon l’espèce florale. Ce cocktail stimule l’énergie et assure un apport durable.
  • Enzymes : La glucose oxydase, par exemple, favorise la cicatrisation. Attention, chauffer le miel détruit ces précieuses enzymes.
  • Acides organiques : acide gluconique, acétique, citrique… Leur présence explique le pH moyen de 3,9.
  • 19 acides aminés libres : utiles au fonctionnement du métabolisme général.
  • Protéines : Le miel de callune se distingue avec 2 % de protéines, soit l’équivalent du lait maternel.
  • Esters de cholestérol : Particulièrement présents dans le miel de tournesol, ils interviennent dans la synthèse des hormones.
  • Minéraux : Plus de trente identifiés, parmi lesquels potassium (miel de châtaignier, de forêt), phosphore (sapin), calcium (colza, bruyère), magnésium (forêt, sapin), fer (callune, sapin)…

Petites histoires de miel

Voici quelques faits peu connus sur le miel et sa production :

  • Pour porter le nom d’une fleur, un miel doit contenir au moins 50 % du nectar de cette espèce.
  • Près de 20 000 espèces végétales européennes doivent leur reproduction à l’action des abeilles.
  • La densité moyenne du miel atteint 1,4 à 20 °C et peut varier si les conditions de stockage sont mauvaises.

Mangez du miel certifié biologique !

Les résidus de substances nocives, antibiotiques, traces de métaux lourds, pesticides, fongicides, contaminent désormais de nombreux miels. Des analyses ont mis en évidence la présence de glyphosate, substance classée potentiellement cancérogène et composant principal du fameux Round’up de Bayer-Monsanto, dans plusieurs échantillons. Surprise : les miels estampillés bio n’échappent pas systématiquement à la contamination. Les abeilles, infatigables ouvrières, continuent pourtant leur ballet, ignorant où elles puisent ce nectar désormais incertain. Face à ce constat, chaque cuillère de miel invite à s’interroger : que voulons-nous vraiment préserver ?

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