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Les limaces, et ses confrères les escargots : sans doute pas de pires ennemis du jardinier bio. Sans doute même ces bestioles ont-elles découragé plus d'un candidat au jardinage bio !
Voici donc une synthèse des trucs et astuces des jardiniers et professionnels, effectuée d'abord pour moi-même, étant régulièrement victime de ces sournois gastéropodes.
J'espère aussi que vous y trouverez matière pour mettre votre jardin dans les meilleures conditions face aux envahisseurs pour 2010.
En bio, comme souvent, pas de solution radicale et unique, mais une stratégie globale, et un peu de tactique (oui, c'est la guerre !)
* les détruire : ferramol (coupe faim homologué en bio), pièges à bière, a la mano = cueillette avec pièges (tuiles, planches ...) pour réduire les populations
C'est pas le plus drôle, ça prend du temps, mais incontestablement, ça fait du ménage. Une approche pas très subtile, c'est du brutal !
* faire diversion : tontes d'herbes, orties, déchets du jardin ou de cuisine, à déposer à proximité des semis pour les en détourner. Efficace d'après certains jardiniers. Utilisé également avec un certain succès en grandes cultures en semis direct sous couvert végétal. Là, c'est de la tactique, on joue un peu plus finement, on trompe l'ennemi.
* prendre soin des semis et plantations (arrosages, ...) , car les limaces sont là pour détruire les plantes les plus faibles.
* accueillir et favoriser les prédateurs, ils sont nombreux ! : hérissons, grenouilles, orvets, musaraignes, crapauds, carabes, opilion, vers luisants, canards, poules, anonymes, ...). Très élégant, la nature travaille pour nous : ça va prendre du temps, car les bestioles régulatrices ne vont s'installer que petit à petit, compter 2 à 4 ans. Créer pour cela des habitats variés (mares, herbes hautes, haies naturelles, tas de pierre, tas de branches). L'armée des gastéropodes étant nombreuse, il faut pour lui faire face essayer de recruter large.
L'introduction de nématodes donnerait également de bons résultats, mais il faut renouveler les traitements au moins tous les ans.
Il est à prévoir que certaines années, notre armée de prédateurs sera dépassée, quand les conditions de reproduction des gastéropodes sont favorables (hiver doux, année pluvieuse)
* faire barrage : cendres en couche épaisse, coquille d'oeufs, barrière avec graisse, paillage de fougère et lin de manière transitoire, cosses de sarrasin ... Méthode défensive, avec des côtés aléatoires.
* semer par temps chaud, sec et au soleil. Les limaces sont des bestioles qui sont comme des poissons dans l'ombre et l'humidité !
* associer les cultures : une jardinière a laissé un peu de place dans sa planche de fraisiersaux herbes spontanées (fenouil, bourrache, trèfles, ...) Depuis, plus de dégâts limaces.
Je vous livre en complément quelques méthodes qui viennent des agriculteurs :
* la gesse (légumineuses engrais verts) une fois développée, secréterait des neurotoxines fatales aux limaces. (taper gesse limaces dans Google, quelques pdf à télécharger)
J'ai fait des semis de gesse, mais il s'avère que, au stade plantule, elle est terriblement appétente pour les baveuses.... 5% environ de gesses survivantes sur un semis de fin septembre.
On pourrait imaginer d'avoir de la gesse en permanence dispersée dans les cultures...
* le travail du sol (2 passages en conditions chaudes en été) serait efficace pour protéger les semis d'automne ... mais pour ma part, je suis plutôt dans l'optique du travail du sol minimal, donc je laisse tomber. Le travail du sol défavorise les limaces, le non travail les favorise, au moins les premières années. Après, apparemment, ça va mieux.
* le roulage : une piste intéressante. Les agriculteurs ont remarqué que, plus il tassaient le sol au semis - par roulage -, moins les limaces étaient présentes. Deux hypothèses : le roulage les écrasent ou détruit leur habitat; autre possibilité : le roulage favorise le contact terre/graine et place la graine dans de bonne conditions pour démarrer.
* le semis direct sous couvert : le semis et la destruction de l'engrais vert (ou couvert végétal) sont effectués en même temps ou le même jour. La graine est donc recouverte de quelques cm de terre, comme un semis normal et d'une dizaine de cm d'engrais vert. En semis direct, seule la ligne de semis est travaillée. Les limaces se délectent du couvert végétal et pas de nos chers semis.
Certains agriculteurs qui sont passés en semis direct ont réglé leur problème limaces au bout de 3 ans. Tout changement de technique amène à une nouvelle situation d'équilibre. Il faut du temps pour l'atteindre.
En complément, une observation d'un maraîcher :
Richard Wallner, maraîcher bio a semé des haricots sur deux planches.
L'une a été dévastée par les limaces, et pas l'autre. La différence ?
Celle qui a été attaquée a été travaillée (terre retournée pour mise en place d'une butte) et pas l'autre.
Pourquoi ?
Peut-être que les micro-débris végétaux dont la décomposition est activée par le travail du sol attire les limaces ?
Peut-être aussi que le travail du sol déséquilibre la croissance des plantules, les fragilise, et ainsi crée une faille dans le système de défense des haricots ?
... Tout ça mis bout à bout, ça nous fait une large gamme d'outils bio.
Ce que je ne vais pas tester :
- la cueillette systématique, trop contraignant, trop de travail, et puis un manque total d'élégance, même si je reconnais l'efficacité de ce travail de fantassin
- les barrages, mêmes raisons
- le travail du sol qui règle un problème, mais en crée quatre (primo du travail encore, deuxio des mauvaises herbes, tertio appauvrissement du sol, et quatro destruction des vers de terre, des carabes et autres amis du jardinier)
Mes préférences vont donc vers :
- la gesse
- le roulage ou tassement du sol au semis et à la plantation
- le semis direct sous couvert végétal
- favoriser les prédateurs (non travail du sol, jardin fouilli avec pierres, branchages en bordure mares, herbes hautes, ...)
- l'offrande d'orties, de tontes de gazon ou autres appâts végétaux appétent aux moments sensibles
Toutes ces dernières méthodes ne coûtent rien et sont sans effort.
Maintenant, je croise les doigts pour ce qui a marché ailleurs marche chez moi......
...à suivre....
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