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*12oct09 : semis à la volée et non travail du sol Version imprimable Suggérer par mail

Cette note d'aujourd'hui a pour objet le semis direct sans travail du sol, ou avec travail très superficiel.

Cela consiste à poser la graine sur le sol, sans l'avoir préalablement labouré, retourné, bêché, motoculté, fraisé, ou même griffé. La semence est ensuite recouverte de terre ou de mulch, c'est à dire d'une couverture végétale.

Masanobu Fukuoka, dans son livre "Révolution d'un seul brin de paille",  explique comment il procède pour cultiver le riz et les céréales. Il sème à la volée le riz et le recouvre de paille de céréales... et sème ses céréales en les recouvrant de paille de riz.
Il obtient des rendements équivalents à celui de ses collègues, mais sans désherbage, sans labour, et avec très peu de fertilisant (fumier de volailles) : ça paraît simple, je ne décris pas tous les détails (notamment utlisation du trèfle blanc), mais il a fallu à ce monsieur une bonne dizaine d'année d'essais, de tâtonnements pour arriver à une méthode d'une élégance et d'une efficacité rare. Pour les détails reportez-vous à son livre.

Vous trouverez sur ce site différentes pages ou articles à ce sujet.
La note d'aujourd'hui présente quelques résultats issus d'expérimentations en grandes cultures.
Les voici, rien que pour vous....

Dans cette note , nous allons essayer de trouver des pistes de réponses aux questions suivantes :

* tous les graines (toutes les espèces) se prêtent-elles au semis à la volée?
*le travail du sol pénalisent les limaces : est-ce que le non travail ne va pas les favoriser ? Idem pour les campagnols ?
* le travail du sol réchauffe le sol et active la minéralisation, deux actions favorables au démarrage des semis : comment ça se passe avec le non travail ?

 

Quelques exemples de semis à la volée, tous tiré d'un article (cliquer ici ) de l'excellente revue TCS :

* semis de maïs : les graines sont semées à la volée, et sont recouvertes de terre par un léger travail du sol
* semis de colza à la moisson du blé : dans une succession blé-colza, en Essone, un agriculteur sème depuis 5 ans son colza le jour même de la moisson, mais avant celle-ci. Après moisson, il laisse 10 à 15 cm de paille, qui protège les graines de colza. Un problème : les limaces, qui raffolent du colza. Cet agriculteur a contourné le problème en semant avec son colza un mélange de nyger, tournesol, trèfle, avoine de printemps. Et surprise : nyger et tournesol ont accaparé les limaces, et la parcelle cultivée de cette manière a été moins attaquée que la même (colza) avec des doses d'antilimaces !
* blé derrière maïs : le blé est semé en octobre à travers la culture de maïs. 1° étape : récolte du maïs. 2° étape : semis du blé à la volée. 3° étape : broyage des cannes de maïs, qui viennent recouvrir les semences de blé. 4° étape : il roule le mulch pour plaquer les résidus de maïs au sol.
Cette méthode est appliquée depuis 4 ans par un agriculteur vendéen. Résultat : peu d'adventices (mauvaises herbes).
* semis de blé en otobre dans un couvert d'engrais verts phacélie-moutarde-vesce, lui-même semé à la volée à la moisson du blé en juillet. Un rouleau (rolofaca) vient ensuite écraser le mélange d'engrais verts et le plaquer au sol pour un bon contact terre/graine. La clé de la réussite de cette méthode résiderait dans le bon contact terre/graine. Les premières tentatives donnent parfois de moins bons rendements ... il faut trouver les bons réglages.

 

Il ressort de ces expériences quelques idées maîtresses :

Les avantages :

1. le non travail du sol permet d'éviter la germination des adventices, de même que la présence d'une couverture végétale, qu'elle provienne de la culture précédente ou de la destruction par roulage d'un mélange d'engrais verts. Les cultures semées de cette manière sont propres.
2. Le semis à la volée est rapide, simple, économique et préserve la vie du sol.
3. La non incorporation des pailles de la culture précédente évite la mobilisation d'azote.

Les inconvénients et problèmes à contourner :

1. Les limaces : quand on ne travaille pas le sol, on préserve leur habitat et leurs oeufs. Plusieurs remèdes à cela :
     a. semer avec la culture une ou plusieurs plantes associées, appétentes pour les limaces et non concurrentielles ... un vasre champ d'expérimentations en perspective
     b. effectuer un léger travail du sol par temps sec, un peu avant le semis... mais cela favorise la levée des adventices
     c. semer derrière une culture appétente : exemple blé derrière colza : les limaces se concentrent sur les repousses de colza
     d. favoriser les auxiliaires prédateurs de limaces : carabes. Pour cela, laisser à proximité des bandes enherbées, zones sauvages et refuges pour ces précieux alliés.
     e. le rappui ou roulage du semis semble défavoriser les limaces.

2. Contact terre/graine :pour certaines espèces, un bon contact terre/graine est fondamental. Il est assuré par  le roulage du semis. Là aussi, les bons réglages sont à trouver.

3. Retard de croissance : le travail du sol active la minéralisation, et notamment permet ma fourniture d'azote au démarrage de la culture. Dans certains sols, un retard au démarrage se fait sentir, qui n'est pas toujours rattrapé plus tard. Ce retard se fait moins ou pas sentir dans les sols bien structurés, c'est-à-dire aérés, ceux précisément qui ont fait l'objet d'attention les années précédentes, notamment ceux qui ont peu pas été travaillés depuis plusieurs années, et qui ont bénéficié de la présence de couverts végétaux.

4. Un sol bien nivelé : les semis sont mieux réussis sur un sol nivelé.

 

Le semis à la volée au potager ?

 J'ai effectué quelques essais dans mon potager.

Voici les résultats :

* sur mâche : en 2008 : semis à la volée de mâche fin août sur sol nu et couverture par 1 cm de BRF précomposté. Franc succès : belle levée, très peu de mauvaises herbes, belle production (deux pieds de mâche faisait une assiette) !
Nouvelle tentative cette année (2009) : mon potager étant couvert de BRF (1cm d'épaisseur), j'ai retiré les copeaux , semé à la volée et recouvert des mêmes copeaux. Fiasco total !!! Pourquoi ??? Pas de réponse à ce jour.
Ma seule mâche cette année, je l'aurai d'un semis spontané de pieds de mâche que j'avais laissés monter à graines sur couverture de BRF...
Je précise que j'avais récolté (en mai) pour partie les graines de ces porte graines, stocké à la maison, et ressemé fin août  sans résultat !!??!!

* semis de printemps : carottes, salades, navets, radis : tout a échoué lamentablement. Les radis ont été récoltés par les limaces, les carottes n'ont pas levé, les salades non plus, et les navets moitié pas levés, moitié mangés... il faut dire que j'ai laissé faire la nature...

Les leçons que j'en tire.

Je vais poursuivre les essais, car je n'aime pas rester sur un échec, et parce que je suis persuadé qu'on peut y arriver, au moins pour certaines cultures.

Je formule plusieurs hypothèses pour ces échecs :
* mauvais contact terre/graine : je serai plus vigilant sur le rappui des graines, et après avoir retiré la protection BRF (1cm) , je sèmerai sur lit de terreau ou lombricompost et recouvrirai de ce même terreau et lombricompost.
* limaces : dans la logique de non intervention de Fukuoka, je laisserai faire ... mon jardin est avant tout expérimental....J'espère que le non travail du sol va favoriser la présence de prédateurs des limaces. Il faut 2 à 4 ans pour atteindre l'équilibre carabes / limaces, d'après des chercheurs. Autre précaution : j'attendrai que le sol soit bien réchauffé pour un démarrage rapide des semis, pour prendre les gastéropodes de vitesse.
* mâche : manifestement, on a intérêt à la laisser se ressemer. Pour que le semis soit régulier, au moment où les premières graines tombent au sol, je couperai le pied et je sèmerai par dessus ma couverture permanente de BRF (1cm).

... à suivre...

 
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