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Le printemps est là, les engrais verts ont rempli leurs missions pendant l'hiver.
Voici venue l'heure pour eux de laisser la place aux légumes.
Comment effectuer la transition engrais verts - cultures ?
C'est l'objet de ce petit article, aves les photos de mon semis direct de petits pois sans travail de sol...
PS : retouvez les autres articles sur les engrais verts :
1. L'intérêt des engrais verts : à lire ICI
2. Description des engrais verts : les doses de semis, l'intérêt de chacun d'eux : c'est LÀ
3. Petite histoire de mon premier BIOMAX au jardin : CLIC
Vous avez semé à l'automne ou en fin d'hiver des engrais verts, seuls ou mélangés (BIOMAX).
Vient le moment de semer et de planter. Se posent alors les questions : quand et comment détruire, et comment semer les légumes qui vont suivre.
Voici mes propositions.
QUAND détruire ?
Plusieurs raisons déclenchent la destruction :
- c'est l'heure de semer, et il faut maintenant que le couvert végétal laisse sa place
- l'engrais vert ou le plus hâtif du mélange (Biomax) est en fleur et prépare ses graines. Il faut détruire sinon, vous allez semer de la moutade de la phacélie, etc.
- il faut noter que plus la plante gagne en matûrité, plus elle se lignifie, plus elle sera longue à décomposer et plus elle sera consommatrice d'azote pour sa transformation. Le jardinier est parfois amené à détruire précocément l'engrais vert
pour éviter une petite faim d'azote. Plus la plante est jeune, plus vite elle sera décomposée et moins elle consommera d'azote pour sa dégradation. Mais plus la plante approche de la matûrité, plus elle aura fabriqué de biomasse
- dans le cas particulier des légumineuses, c'est quand la plante a terminé sa floraison et qu'elle commence la fabrication de ses graines que sa production d'azote est la plus importante. Le jardinier a donc intérêt a attendre le début de formation des gousses pour détruire.
D'autres raisons peuvent inciter à devancer l'appel. Si le temps est très sec, que votre sol est par nature déficient en eau, une suppression anticipée du couvert peut permettre d'économiser le stock d'eau du sol.
COMMENT détruire ?
La méthode traditionnelle est la suivante : broyage ou fauchage du couvert qui est laissé en surface pendant 2 à 3 semaines. Puis enfouissement léger (sur 5 à 10 cm de profondeur) au croc par exemple, ce qui permet en passant de détruire les repousses éventuelles (radis, graminées, ...). Attendre encore 2 ou 3 semaines après l'enfouissement avant de semer pour que la matière organique fraîche soit correctement décomposée. Ces délais sont valables surtout pour certains semis, sensibles à la présence de matière organique fraîche. Pour les cucurbitacées par exemple, ces délais peuvent être raccourcis ou supprimés.
Certains jardiniers incorporent directement l'engrais vert après broyage. Mais l'incorporation de matière organique fraîche est déconseillée par les agronomes.
Cependant, cette méthode traditionnelle et éprouvée présente à mes yeux deux inconvénients.
Le premier est qu'elle nécessite un travail du sol, dont les agronomes nous disent qu'il faut l'éviter (voir la page "Jardinage naturel simplifié"). Sans compter que le travail du sol est un travail, qui nécessite de la peine et du temps, parfois du carburant quand il est mécanisé.
Deuxième inconvénient : il faut 5 semaines entre la destruction et les semis. C'est long. Cela peut amner à détruire l'engrais vert prématurément, avant qu'il ait produit son plein effet (je pense aux légumineuses : féverole, vesce, trèfle, ...), et c'est dommage.
La technique de semis direct ne présentent pas ces inconvénients. De plus en plus, les agriculteurs pratiquent le semis direct sous couvert végétal. En deux mots, on fauche, broie ou écrase le couvert tout en effectuant le semis. Plus précisément, le couvert est laissé en paillage et la graine est déposée par le semoir dans la terre à la profondeur voulue.
L'idée est transposable au jardin. Voici la méthode pas à pas et en images.
Un essai de semis direct de petits pois sans travail du sol
Voici donc comment j'ai procédé, après un mélange d'engrais verts dit BIOMAX (voir ICI ), semé le 31 août, comprenant sarrasin, lupin, gesse, trèfle incarnat, lin, féverole, avoine, vesce, fénugrec, phacélie, moutarde, radis violet, ce dernier étant plus un légume qu'un engrais vert.
Après un vrai hiver, seuls ont subsisté le radis violet, le trèfle incarnat ça et là et enfin l'avoine.
Le 4 avril au matin, voilà le tableau. Au premier plan, se trouvent deux pieds d'ail et une touffe de luzerne non concernés par notre propos du moment.
La planche avec radis et avoine, un poil de trèfle incarnat... et aussi quelques herbes spontanées (véronique de perse
principalement).
Deux rangs de petits pois vont être semés.
A gauche, avec sillon de 4 cm, à travers les engrais verts.
A droite, les petits pois seront posés sur le sol et recouvert de 3 cm de compost.
Ci-dessous, le rang avec sillon de 4 cm (la photo a été prise du fond). Le sillon a été formé à travers le couvert végétal, sans autre formalité.
Le sillon est ensuite refermé avec la terre et recouvert de 1 cm de compost.
Les tiges dressées sèches et jaunes sont les restes de la moutarde.
Autre rang, autre méthode.
Ici,
les petits pois sont posés sur le sol, après que le rang ait été dégagé
pour y voir clair.

Ci-dessus, photo de gauche, après le semis des 2 rangs de pois.
A gauche, avec sillon
refermé avec la terre et recouvert de 1 cm de compost.
A droite, le rang de pois déposé sur le sol et recouvert de 3 cm de compost qui sera tassé.
Le restant d'engrais vert au milieu sera fauché et déposé sur une
planche voisine comme paillage frais. (J'ai exporté le paillage par
crainte que la matière fraîche attire les limaces) .
Après arrosage, la planche est recouverte d'un voile P17 .
Un arrosage sera effectué toutes les semaines.
Photo de droite : 21 jours plus tard
A gauche, avec sillon, la levée est parfaite.
A droite, la levée est moins bonne. J'attribue ce moins bon résultat au manque d'eau.
Il aurait fallu que les arrosages soient plus réguliers ou que la couche de compost soit plus épaisse et/ou plus tassée pour conserver l'humidité. Cela illustre le besoin de la graine d'une constante humidité pour sa germination.

Les deux rangs à l'heure de la récolte (à droite, gros plan des pois, variété Dakota).
Entre les rangs, des choux rouges ont été plantés. Vous pourrez peut-être apercevoir quelques salades semées en même temps que les pois. Les herbes spontanées présentes ont été conservées, ainsi que quelques repousses d'engrais verts (seigle principalement).
Bilan
Mes petits pois ont donc été semés sans travail du sol, excepté la formation du sillon. Le reste de la surface n'a donc connu ni bêche, ni motoculteur, ni aucun outil.
Tout est-il parfait ? Globalement et à ce stade, c'est très réussi. Un semis sans travail du sol !
Plusieurs points restent cepedant à améliorer :
- il y a quelques repousses de radis et d'avoine. Rien de dramatique, mais ce point reste à améliorer pour la prochaine fois, par exemple en retirant du BIOMAX les couverts non gélifs, ce qui aurait l'avantage d'éviter l'opération de destruction. Encore moins de travail !
- il faut signaler la présence de la véronique de perse, adventice qui aurait sans pris plus d'ampleur sans l'avoine et le radis. Pour éviter cela, il faut vraiment un couvert avec une forte biomasse qui gélera et consituera un épais paillis qui freinera le développement des herbes spontanées.
Gros plan sur les repousses d'engrais verts : ici radis, ailleurs, avoine et trèfle incarnat.
La repousse de radis a l'air de gêner les pois.
Fin du roman photo du semis direct de petits pois.
Une variante à cette méthode est de laisser la coupe d'engrais verts sur place.
C'est ce que je vais tenter bientôt sur une planche voisine pour le maïs, haricots grimpants et potimarron (les 3 soeurs).
... à suivre
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