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8 impasse des acacias - 58160 SAUVIGNY-LES-BOIS - 06 11 85 28 64 - yl@terredhumus.fr


Terre d'Humus

* 11oct14 : limaces, sol et courgette PDF Imprimer Envoyer

Parmi les cauchemars du jardinier, la limace tient une belle place.

Le jardinier retrouvera peut-être des nuits sereines et des jours paisibles, en suivant les pistes suggérées par cet article, qui est le fruit d'essais et d'observations.

Voici donc une histoire de sol, de limaces et de courgettes.

31 mai 2014 : semis de 14 pieds de courgettes, avec 2 graines pour chaque pied futur, le moins joli des deux plants étant supprimé au stade 4 feuilles.
Le 8 juin, 8 jours après le semis direct, tout semble bien parti.

Le lendemain, une ombre à l'horizon (FEUILLE GRIGNOTÉE).

4 jours plus tard, le 13 juin, la courgette ne répond plus à l'appel.

 

Malgré des températures estivales et pas de pluie ou presque, donc des conditions défavorables aux limaces, le ménage a été fait.
Le même scénario s'est reproduit 14 fois sur les 14 emplacements de semis.

13 juin, retour à la case départ : semis de 2 graines par emplacement, donc à nouveau 28 graines de courgette.
7 à 10 jours plus tard, le constat est le même, après germination, les limaces broutent les cucurbitacées sans scrupule et renouvellent leur score : 100% de pertes.

25 juin : nouvelle tentative . De nouveau, 14x2 graines sont placées en terre. Cette fois, il y aura une consolation : 2 semaines plus tard, 1 pied sur les 28 graines aura survécu aux assauts.

Voici la photo de ce qu'il reste de la planche courgettes en fin de saison (18 septembre) : un magnifique pied de courgette, mais bien solitaire, qui aurait dû être accompagné de 13 voisins.

 

Mais voici qui va donner du baume au coeur : sur la planche voisine, le 25 juin, le même jour que le semis du pied de courgette survivant, 2x2 graines ont été semées pour 1 pied de courgette et 1 de courge.
Résultats : sur les 4 graines, les 4 ont germé et se sont développées correctement.

Récapitulons :

- d'un côté donc, sur la 1° planche 14x2 en 3 vagues : donc 84 graines ont été semées, 1 a pu achever son développement , donc environ 1% de succès.
- sur la planche voisine : 4 graines semées, qui se sont toutes développées en toute impunité, tout en faisant un pied de nez aux baveuses : 100% de succès. Ces 100% de succès sont à comparer à 1 sur 28 pour des semis réalisés le même jour, donc dans les mêmes conditions, ce qui fait environ 4%. Ces chiffres n'ont pas de valeurs statistiques, mais ils indiquent une tendance à vérifier plus scientifiquement (avis aux centres de recherches !).

Comment expliquer donc cet écart ?

Peut-être dans la nature du sol ?
En effet, le sol de la parcelle limoneuse de 8 000m2 sur laquelle ont lieu ces essais est initialement pauvre en humus (de l'ordre de 2%). C'est sur cette terre qu'on été semées les 84 graines, sans apport d'amendement significatif.
En revanche, l'année précédente, la planche voisine a bénéficié de quantités importantes de matières organiques ! BRF, tontes de gazon et foin, en veillant à s'approcher d'un bon équilibre entre les matières ligneuses (BRF) et les matières plus riches en azote (foin et surtout tontes de gazon).

Est-ce à dire qu'une terre correctement pourvue en humus confère aux plantes un haut degré de résistance vis-à-vis de certains fléaux des cultures ?

Ainsi, ce ne serait pas le nombre des limaces présentes qui serait un problème, ni même l'absence de prédateurs des limaces, mais bien les conditions de croissance de la plante qui serait la clé principale de la réussite de notre jardin.

Chaque jardinier pourra essayer de reproduire chez lui ces essais, en veillant à ne pas surdoser les apports d'azote (tontes de gazon, fumiers divers, déchets de cuisine, ...).

En guise de dessert, une deuxième observation qui va dans le même sens : dans mon 2° jardin, à la maison, j'ai semé 4 x 2 pieds de courgette, très précocement (le 05 avril), profitant d'une fenêtre météo favorable. La terre de ce jardin est très pauvre (sable, gravats), mais généreusement améliorée sous forme de lasagnes.
(Voir l'article lasagnes).

La planche a été couverte d'un voile de protection conte le froid (P17). Deux pieds ont poussé normalement. Les 2 autres, semés au milieu d'une mâche en fleur, donc poussant à l'ombre et dans une certaine humidité, ont été grignotés jour après jour.
Ainsi, même si le sol est favorable à la croissance, il faut aussi veiller à mettre la courgette dans des conditions de chaleur suffisante en évitant les ombrages favorables aux voraces.

Voici la planche courgettes de la maison le 10 juin. Les deux plants dévorés ont été remplacés lors d'un semis ultérieur réussi celui-là (les plants de mâche faisant de l'ombre ayant été préalablement supprimés).
Nous y voyons un plant exubérant : c'est un pied de courge (Lady Godiva).
Les deux plants plus petits en bas sont ceux qui ont été ressemés. Une fois les plants bien développés, la planche a été recouverte d'un mulch de 7 à 8 cm de déchets ligneux imbibés trempés dans l'eau 1 heure.

Ensuite, aucune autre intervention ne sera réalisée (ni arrosage, ni désherbage). Au 11 octobre, le plant le plus productif donne toujours des courgettes.
Au total, à cette même date, 8,5Kg auront été récoltés sur ce pied.

 

Pour prolonger la lecture au sujet des attila des jardins sans pattes, vous pouvez aussi lire l'article : la salade qui narguait la limace.

Bonne récolte de courgettes en 2015 !

 

 
* 02dec13 : les lasagnes au jardin PDF Imprimer Envoyer

Les lasagnes au jardin, c'est quoi ?

Les lasagnes au jardin est un terme qui désigne l'empilement successif sur un bout de jardin, de couches alternées de matière organique verte (tontes de gazon, épluchures, ...) et de matière brune (BRF, paille, ...).
Les praticiens de cette technique en mille-feuilles de matières organiques proposent d'empiler sur 30 à 60 cm de hauteur.
La dernière couche est constituée de compost semi-décomposé ou décomposé.
En voici le schéma de principe (source : magazine "Les 4 saisons du jardin bio").


Une fois la lasagne montée, on arrose pour bien l'imbiber. On peut aussi arroser après avoir épandu chaque couche brune, on contrôle ainsi mieux l'imbibation (c'est français?) de la lasagne.
Le mille-feuilles terminé, on laisse reposer quelques jours ou quelques semaines, on met les plants en place et, un peu plus tard, ça pousse fort !
Si la plantation donne de bons résultats, les semis en revanche sont déconseillés. En effet, la matière organique en décomposition freine la germination.

Vous trouverez sur le net de la littérature à ce sujet et plus de détails pratiques. Cela vaut la peine de s'y pencher et d'essayer.
Lisez par exemple cet article de Rustica.

 

Les lasagnes au jardin, quel intérêt ?

L’intérêt de cette technique :

- pas de travail du sol pénible, la structure du sol est préservée. C'est une bonne façon de passer d'une pelouse à un jardin, sans l'effort fastidieux de bêchage. Adapté aussi sur les terres ingrates.
- pas ou peu d'arrosage
- forte croissance et forte production
- valorisation des déchets ménagers et du jardin, sans passer par la phase de compostage en composteur, pas facile à réussir.

Nous l'avons testée en 2013 au jardin sur tomates, et elle donne des résultats très convaincants. Elle est donc adoptée et reconduite pour 2014.

 

Les lasagnes : exemple dans le jardin familial


Voici donc quelques images de nos lasagnes familiales, celles de 2013 et celles en cours de montage pour 2014.

Photo 1 : à gauche, la petite butte brune est une lasagne montée en septembre de cette année, d'une hauteur de 50cm.
À la date de la photo, le 1° décembre, sa hauteur atteint 25cm.
Quelques pieds secs de tomates y reposent.
Nous pensions cette lasagne achevée, mais les matières organiques ajoutées en couche fondent. Elles sont en effet progressivement digérées par les organismes décomposeurs dont les vers de terre épigés (les vers du fumier, qui vivent en surface). (photo prise dans la lasagne de gauche).
Un compost jeune est ainsi en cours de formation : ça travaille même en hiver !
Nous rehausserons sans doute cet ouvrage d'une couche verte et d'une couche brune.

À droite, presque au ras du sol, il s'agit d'une lasagne montée au printemps, qui a porté des patates.
Réalisée en partant d'un sol enherbé, couvert par une couche de carton, puis de mille feuille organique, elle atteignait lors du montage une hauteur de 60cm en avril 2013.
Aujourd'hui, elle n'est plus haute que de 5 à 10cm. La planche est prête pour les semis de printemps (petits pois et navets).
Il n'y aura donc eu aucun travail du sol entre avril et décembre 2013, juste l'arrachage de quelques liserons.
Aucun arrosage n'a non plus été effectué, sur une terre pourtant hyperdrainante (remblai de construction, morceaux de briques, cailloux, ...)


Voici maintenant dessous une lasagne en cours de montage.

Nous mettons nos épluchures domestiques sur une épaisseur de 5 à 10 cm. C'est la couche de matière "verte", riche en azote. Nous cachons cette couche inésthétique par des sacs en toile, retirés pour la photo.
Une fois la planche totalement couverte de matière verte (photo dessous à gauche), nous épandons une couche de BRF d'une épaisseur telle que la matière verte n'est plus visible, soit environ 4 cm. (photo dessous à droite).

Nous n'arrosons pas, les pluies s'en chargent. (Seules les lasagnes fabriquées en été sont humidifiées).
Dans quelques semaines ou mois, il ne restera plus aucune trace de ces restes. Même les trognons de choux et les peaux d'oranges (bio) auront été transformées en compost jeune.

Après quoi, des couches successives de matière verte, puis de matière brune seront ajoutées pour continuer le mille-feuille, jusqu'à atteindre une hauteur de 50-60cm environ. Nous y planterons ou sèmerons des courgettes.


Puis nous passerons à la planche voisine, pour monter une nouvelle lasagne.

Les lasagnes : que des avantages ?

La technique paraît séduisante à tous niveaux : on recycle de manière plus simple les déchets végétaux sans composteur. La production est abondante sur une petite surface.
L'arrosage est faible, voire nul. Très peu de désherbage.

Cependant, pour compléter l'horizon des points de vue, voici quelques reproches formulés à l'égard des lasagnes.

- les lasagnes demandent beaucoup de matières organiques !
Oui, mais, un des intérêts des lasagnes est de faire avec les matières organiques à disposition. On monte les lasagnes que l'on peut avec les déchets que l'on a.
Les cartons sont facultatifs, et surtout utiles quand il y a vraiment beaucoup de "mauvaises" herbes coriaces.
On complète éventuellement avec de la matière verte extérieure si on est riche en matière brune, et vice-versa.

- les lasagnes sont bien trop riches, et doivent donner des légumes bien trop chargés en nitrates !
Cette question mérite en effet d'être posée, et n'a, à ma connaissance, pas de réponses à ce jour. Il faudrait des analyses assez coûteuses pour y répondre.
Mais un signe semble indiquer que l'excès n'est sans doute pas une évidence. Le jardinier sait qu'une sur-fertilisation entraîne une fragilisation des plantes.
Or, aussi bien les pommes de terre que les tomates sur lasagnes n'ont montré aucun signe de maladies, malgré une croissance vigoureuse.

- le compostage à froid ne détruit pas les germes de maladies, le compost obtenu n'est donc pas stérile.
Nous alimentons les lasagnes à partir de déchets végétaux uniquement.
Les lasagnes à partir de déchets animaux (os, etc.) mériteraient, par principe de précaution, un délai de mise en culture supplémentaire.
Par ailleurs, nous y apportons sans réticence les plants de tomates en fin de saison, même malades.
Pourquoi ne pas écarter ces plants de tomates porteurs de mildiou ?
Tout simplement parce que notre expérience montre que le déclenchement du mildiou et autres maladies dépend uniquement des conditions climatiques, et non de la présence de spores sur place.
Nous avons ainsi obtenu de magnifiques plants de tomates issus de plants ravagés par le mildiou, ces plants s'étant décomposés sur place et ayant donné des semis spontanés d'une santé éclatante.

Tout semble donc indiquer que les plantes trouvent dans les lasagnes une alimentation parfaitement équilibrée, sans excès. Cette observation est commune à la majorité des jardiniers adepte de la méthode.


La technique paraît donc prometteuse, la saison 2014 nous confirmera tout cela !

... à suivre ......

 

 

 
* 21jan13 : le BRF protège le melon PDF Imprimer Envoyer

Le melon est dans certaines conditions sujet à une maladie fongique, la fusariose, causée par un champignon pathogène : le Fusarium oxysporum f.sp. melonis
Notamment en culture maraîchère, cette maladie peut faire chuter fortement les rendements. Cette maladie se caractérise principalement par le flétrissement et le jaunissement du feuillage.

Le CTIFL (Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes) a testé l'effet de diverses techniques biologiques et de rotation visant à réduire les dégats du champignon.

Ont été testées les rotations suivantes :  blé 2 ans, colza 2 ans, moutarde brune avant culture, moutarde brune + solarisation, salade navet en interculture melon.
Aucune de ces techniques, dans les conditions de l'essai, ne permet d'assainir significativement la situation.

En revanche le BRF (2,5 cm) épandu en février de l'année de culture du melon, permet l'année de l'apport d'obtenir en fin de récolte 80% de plants sains contre 20% en moyenne seulement pour les autres techniques testées.

Cet effet perdure l'année suivante, pour disparaître la 3° année.

On peut résumer en disant que le BRF sécurise la production de melon pendant 2 ans.

 

Pour avoir le détail des essais, je vous invite à prendre connaissance de l'article suivant :
http://www.fruits-et-legumes.net/revue_en_ligne/infos_ctifl/infospdf/infos%20279/279p68-72.pdf

 

Comment expliquer l'effet protecteur du BRF ?

Les auteurs de l'article avance l'hypothèse d'une stimulation des communautés microbiennes qui a augmenté les phénomènes de compétition dans le sol.
En complément de cette hypothèse de la compétition pour l'eau, l'air et autres éléments vitaux, j'en propose  deux supplémentaires :

- la présence de champignons décomposeurs du bois liés au BRF stimulerait-il les populations d'insectes et autres animaux fongivores (fongivore = qui mange les champignons) qui mettrait à leur menu le champignon de la fusariose, comme la coccinelle mange le puceron ?

- enfin, le BRF libère en se décomposant des éléments tels que le calcium et le potassium. Ces éléments sont favorables à une meilleure résistance du melon à la fusariose.

 

Cet effet protecteur du BRF  contre la fusariose est-il généralisable à d'autres maladies fongiques ?

De nombreux témoignages de jardiniers vont dans ce sens.
Ainsi, le BRF semble freiner le développement du mildiou sur les tomates, de la pourriture sur les fraises, de la tavelure sur les pommiers.

Tout ceci est à confirmer par chacun et par des essais rigoureux.

 

 

 
14juillet12 : planchafaca et tomates au jardin PDF Imprimer Envoyer

Certains agriculteurs en grande culture utilise le rolofaca (terme brésilien = rouleau faucheur) pour détruire les engrais verts (appelés aussi couverts végétaux ou plus simplement couverts).

Cet article traite des essais effectués dans la mise au point d'un outil (la planchafaca) pour détruire des engrais verts et ensuite planter des tomates, sans autre travail du sol que le coup de bêche pour installer le plant de tomate.

Un exemple d'un tel outil est montré sur la photo dessous (source Steve Groff) :

Un outil similaire est utilisé en viticulture, développé par Hubert et Maurice GERBER, en Alsace. (Voir le site web) :

Travail effectué par le rolofaca en vigne (avant /après passage) : (source Frères GERBER). Sur la photo de droite dessous, on voit que le passage de rouleau entre rangs est couplé avec un travail sur le rang de vigne.

Et la déclinaison jardinière du rolofaca :

 

J'ai de mon côté essayé de développer un outil de conception encore plus simple, en m'inspirant de la photo ci-dessous : (source Rodale Institute)

 

Voilà donc le 1° prototype, constitué d'une planche en bois, de deux cornières métalliques en forme de L sous la planche, et deux sangles pour relever la planche après appui.
J'ai baptisé l'outil la planchafaca, à tout hasard.


La photo montre la partie dessous. Les deux cornières visibles (cornière à étagères) sont boulonnées à la planche. Deux sangles sont fixées de chaque côté.
Réalisation en 30 minutes.

Plusieurs essais ont été effectués, d'une part dans mon jardin à la maison, et d'autre part dans mon champ.
Ce qui est mis à l'épreuve est la capacité de la planchafaca à détruire le couvert végétal semé ou naturel, et la capacité du couvert détruit à pailler efficacement la culture, ici les tomates, c'est à dire à protéger le sol et les tomates de la concurrence.
L'objectif est de n'effectuer aucune intervention entre plantation et récolte (pas d'arrosage, pas de désherbage, ...)

 

A la maison : essai comparatif tomates après couchage par planchafaca et scalpage/paillage


07 mai 2012 : 3 planches de 4 mètres de long vont être plantées en tomates. Chaque planche est couverte d'adventices (pas de culture l'année précédente).

Sur chaque planche, 2 pieds seront plantés suivant deux modalités différentes.

1° modalité : destruction des adventices à la houe (la houe scalpe la végétation en travaillant à environ 3 à 4 cm de profondeur : travail superficiel).
2° modalité : les adventices sont couchés à la planchafaca.

Les plants ne sont pas taillés (pas de suppression des gourmands, pour des raisons économiques : le temps coûte, et un pied non taillé donne autant que 3 ou 4 pieds taillés, d'où économie de plants).
Une structure métallique (cage) entoure chaque pied de tomate afin que les branches de tomates reposent sur la structure métallique.
Distance de plantation : 1m x 1m.

Illustration sur une des planches : les 4 piquets en bois au dessus de la canopée visualisent l'emplacement des 4 pieds de tomates. Variété Marmande.

(au 1° plan en bas de la photo, les grosses feuilles d'une bardane venue s'échouer au jardin)




Photo dessus : le sol a été scalpé, les pieds de tomates plantés et les structures métalliques mises en place. Les adventices scalpées seront remises en couverture là où elles se trouvaient.

Photo dessus : partie où les adventices (luzerne, graminées, bouton d'or, chélidoine, liseron, ...) ont été couchées par la planchafaca. Les pieds de tomates seront plantés à travers les végétaux couchés.

Photo dessus : détail de la végétation couchée (bouton d'or).  Les adventices ont été à peine chatouillés, ça s'annonce pas terrible.

5 jours après, photo d'ensemble de la planche (prise en sens inverse, la bardane est en haut à gauche de la photo).
Les plants dans la partie scalpées sont visibles, les adventices scalpées sèchent et font paillage.
Dans la partie couchée, les adventices poursuivent leur développement, principalement le bouton d'or, avec son système racinaire puissant et son système aérien peu développé et donc peu sensible au couchage.

 


photo dessus : détail à J+5 après couchage. Le bouton d'or est reparti sans problème. Le plant de tomate cependant a bonne allure.

2 mois après : 14 juillet 2012 ... Vue d'ensemble de la planche... envahie par les spontanées, dans les deux zones.

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Les deux plants dans la zone planchafaquée n'ont pas grandi ou à peine. La luzerne et le bouton d'or sont très présents et sans doute responsables de la stagnation des plants.

Les photos dessous.


Photo zone planchafacquée - plant N°1  : dominance de la luzerne - pas de croissance du plant de tomate.


Photo zone planchafacquée - plant N°2 :  dominance du bouton d'or : un couvre sol trop efficace et compétitif - pas de croissance du plant de tomate. Une tomate arrive à maturité.

Dans la zone scalpée et paillée avec les résidus de scalpage, aucun désherbage n'a été effectué. Un resemis naturel de souci de l'année passée s'est admirablement développé dans cette zone et a traversé le paillage, étouffant également les plants de tomate.


 

Maintenant, allons voir vers la planche N°3, la planche N°2 donnant les mêmes résultats que la planche N°1.

Planche N°3 : spontanées présentes : principalement une graminée non identifiée.
Sur cette planche N°3, les plants dans la zone scalpée ont été couverts dans les mois précédant la plantation des tomates de résidus végétaux de cuisine. La zone est donc riche.
Variété : prune noire.

Les plants dans la zone scalpée et enrichie ont un fort développement,
(rappel : aucun arrosage, même à la plantation).
Deux plants sont conduits en traditionnel (tuteur et taille des gourmands). Ces deux plants sont les plus fortement touchées par le mildiou. Est-ce l'effet de la taille ou de la nourriture trop riche ?



Les autres plants dans la zone moins nourrie ont été plantés après couchage de la graminée inconnue.
Le développement est correct, (1 mètre de haut) sans être extraordinaire.
Le mildiou est présent, mais moins développé. Voir les deux photos dessous. On note que les montants verticaux de la structure métallique sont appréciés par le liseron.

CONCLUSION DES ESSAIS A LA MAISON :

La planchafaca ne permet pas de détruire des adventices comme le bouton d'or. Les tomates plantées à travers un couvert de bouton d'or végètent.
Le scalpage d'un couvert naturel suivi du paillage des résidus scalpés n'est pas suffisant pour faire écran à la repousse de certaines plantes (liseron, bouton d'or, souci).
Certaines plantes spontanées constituent un couvert peu compétitif vis-à-vis des tomates. Point du plus haut intérêt à creuser !

 

PERSPECTIVES :

La planchafaca n'est pas efficace sur des adventices comme le bouton d'or.
La planchafaca pourra présenter une efficacité sur un sol débarrassé des vivaces comme le chiendent , le bouton d'or, ...
Reste à identifier les plantes capables d'être détruite par la planchafaca et présentant un fort pouvoir couvrant pour éviter que la lumière ne parvienne au sol.
Des plantes hautes comme les céréales, le radis fourrager, les pois, la féverole, la phacélie, sont d'ores et déjà de bons candidats. Reste à agrandir cette liste pour élargir le champ des possibles.

 

Prochains articles : essais au champ des grillons (mes premiers petits pas en maraîchage naturel)

* courgettes et courges en semis direct après engrais verts couchés à la planchafaca

* tomates en plantation directe après engrais verts couchés à la planchafaca


 

 

 

 

 

 

 

 
05juin12 : la salade qui narguait la limace PDF Imprimer Envoyer

 

Cette petite lettre traite de la limace.
Quand on parle de limace, le sang du jardinier se glace !

Je ne vous parlerai pas des pièges à bière, du ferramol, ni de la cendre de bois, pas plus du piochage ou du travail du sol. Je tairai la chasse nocturne ou diurne, que la lune luise ou se cache. Je passerai sous silence les purins divers, y compris de limaces.
Toutes ces méthodes ont leur charme et leur petit mérite.


Mais toutes ces façons de faire ont en commun un inconvénient : elle demande du temps, de la surveillance, de la vigilance, parfois de l'argent. Et elles obéissent à la logique de la LUTTE. Qui dit lutte, dit EFFORT, TRAVAIL, ARGENT.
Bien sûr, comme tout jardinier, j'ai eu à subir des pertes lourdes.
Mais, inspiré par la philosophie du non-agir, chère à l'agriculteur japonais Fukuoka, j'ai fini par sentir que toute cette lutte a quelque chose de vain, de dérisoire.
N'y aurait-il donc pas une ou des approches qui permettent de ... danser avec la nature ... et de récolter quand même ?

J'ai d'abord creusé une piste : celle des auxiliaires, vous savez, les alliés des jardiniers. Ils sont nombreux à mettre la limace à leur menu : citons parmi d'autres : le carabe (qui se fait rare), le hérisson, le crapaud, l'orvet (qui se fait bien rare), le lampyre (ver luisant), ...... C'est une piste très sérieuse. Créons les conditions pour les accueillir au jardin, et ils feront un peu de ménage.

Ce qui fait dire à certains (et j'acquiesce) : le problème , ce n'est pas qu'il y ait trop de ravageurs, mais qu'il n'y ait pas assez d'auxiliaires.


Mais depuis peu, une autre voie s'est ouverte à mes yeux, plus subtile : la résistance naturelle des plantes.

Avez-vous remarqué que parfois, les pucerons se focalisent sur un individu végétal, alors que son voisin de la même espèce est totalement préservé ? J'ai aussi récemment pu le constater sur un épi d'orge. Il était noir d'une espère de mouche, alors que ses voisins épis d'orge également en étaient dépourvus. Pourquoi ? Est-ce pour des raisons de "système immunitaire" ? Ou de conditions de "vie", l'endroit où la plante pousse serait-il délètère ?

Première observation/réflexion : pourquoi par exemple les doryphores se ruent sur les patates d'un jardinier, et pas sur celles de son voisin, alors qu'ils ont acheté leurs plants ensemble et se les ont partagés ? Sans doute est-ce une question de différence de terrain, de sol, ou alors de technique jardinière.
Ainsi, le jardinier-chercheur en technique naturelle Richard Wallner (la ferme du Petit Colibri en Charentes, allez-y en stage ou en visite !) m'a fait part d'une observation qui pèse lourd.
Il a semé deux planches de haricots, le même jour.
L'une sur une butte, fraîchement montée. La terre venait donc d'être remaniée.
L'autre sur un sol non remué.
Les limaces ont fait la différence : elles ont anéanti les haricots sur la butte. Pourquoi ? Est-ce la libération d'azote liée au travail du sol qui a fragilisé le haricot ?
Ou est-ce la destruction du milieu rendant possible la mycorhization, cette association entre champignon du sol et racine de la plante, qui confère souvent aux plantes une vigueur supérieure ?
Ou bien encore la terre remuée s'est-elle asséchées plus rapidement, mettant les haricots en condition de stress hydrique ?
En tout cas, les limaces ont senti la différence.

Nous disposons donc d'une hypothèse lourde de conséquence : un ravageur ne s'attaquerait qu'à un individu malade ou au "système immunitaire" déficient.
Tout agriculteur ou maraîcher sait que quand on force un peu sur l'engrais ou le fumier, la plante va se ramasser toutes les misères du monde.
Mine de rien, c'est une révolution dans l'approche. Cela nous amène à regarder le problème différemment. La question n'est plus : comment tuer ou repousser le ravageur. Elle est : de quoi souffre ma plante ?


Deuxième observation/réflexion (en photo). Histoire d'une planche de salades dans mon jardin en ce printemps 2012.

01mai : plantation de 20 salades (batavias à reflets rouges, semence "jardinière", merci à la famille Chassignol).
Pas d'arrosage à la plantation ni ensuite. Pas de protection anti-limaces (ni granulés, ni bière). Paillage avecr 2 cm de BRF précomposté.

23 mai : attaque sur la salade en bas à gauche

Détail sur la salade attaquée : une dizaine de limaces s'abat sur le plant "faible". Voici une grosse beige.

Détail sur la salade attaquée : voici une petite noire à ventre orange.

Deux jours plus tard, la salade a passé l'arme à gauche. Et j'ai serré les fesses. Qui sera la prochaine victime du régiment affamé de mollusques ? Donc surveillance des 19 rescapées, mais toujours sans aucune intervention.

Le lendemain, en plein jour, une limace me nargue. Je l'observe. Elle lèche la feuille de salade, mais sans avoir l'air de la trouver à son goût. Une dizaine de minutes durant, je l'observe. Rien, pas de trou. La salade se cuirasserait-elle ? Émettrait-elle des substances "amères" , qui "écoeurerait" le mollusque ?

Et tout à coup, l'idée s'impose comme une évidence. Les limaces seraient les éboueurs des jardins, faisant le tri entre les plantes saines et les malades. Malades parce que le sol ne leur convient pas ? Ou malades parce que la plantation a été mal faite ? Ou malades encore parce que dans leur patrimoine génétique, manquerait une pièce, un boulon, empêchant la synthèse des "substances répulsives" ?

La nuit suivante, nouvelle observation.

Visite nocturne des deux rangs de salades. Je ne suis pas le seul visiteur...

Un escargot sur la 1° salade. Avec ou sans coquille, une à deux bestiaux par plant. Mais le lendemain, l'équipe de salades est au complet.

À peine un ou deux petits trous.

 

Fin de l'histoire. La récolte approche. 19 survivants sur 20. Correct.

 

La conviction grandit : cette variété de salade est au moins partiellement résistante aux limaces. L'individu disparu était soit mal planté, soit "infirme". La nature a fait la sélection. Il restera donc à conserver précieusement la semence de cette variété.

Il faut savoir que la sélection semencière s'effectue avec protection. Ainsi, nous avons parfois dans nos petits sachets de graines des semences faites pour donner de belles légumes, mais que nous ne pouvons récolter qu'à renfort PERMANENT de LUTTE. Des semences infirmes.

Informations complémentaires :

1. j'ai effectué le même jour un semis de ces mêmes salades. Il y a eu un peu de "tri", à peu près 60% de survivants.
2. j'avais semé entre les rangs de salades des navets. Ils ont été ratiboisés, quelques jours après la levée. Semence bio pourtant. Variété jaune boule d'or. Je renouvellerai le semis une autre fois, en espérant des survivants, et avec en tête l'objecif de récupérer de la semence "résistante limace".


En résumé, face aux limaces, l'approche naturelle (sans intervention) est donc la suivante :


1. créer les conditions pour que la plante dispose d'une nourriture saine, afin qu'elle puisse synthétiser les substances indésirables aux limaces, ou se faire une cuirasse défensive. Hypothèse : conditions idéales = sol riche en humus et le moins travaillé possible.


* sélectionner en faisant ses semences de légumes adaptés au climat et au terrain.

Cette approche n'est possible que si le jardinier n'intervient pas. Cela permet de repérer les individus résistants.

Je poursuis cette approche sur mes deux pommiers. Depuis plusieurs années, je ne récolte pas ou peu. Le carpocapse de la pomme fait chuter 90% des fruits au minimum. Je déploie un éventail de mesures pour à la fois renforcer la plante et favoriser les auxiliaires (mésanges, entre autres). Pour l'instant, le succès n'est pas là. Mais la patience, les essais, l'observation viendront peut-être à bout de ce fléau des vergers ? Peut-être l'objet d'une prochaine lettre ?

Le jardinier naturel doit se doper à la patience, à la connaissance, à l'observation. Quoi de plus passionnant et à terme, de plus rentable : pas d'intervention ? Au bout (lointain) du chemin : un jardinage sans arrosage, sans désherbage, sans lutte. Semls et récolte, point !

 

Les techniques naturelles et futées avancent gentiment, merci à tous les pionniers, et notamment FUKUOKA (Lisez "Révolution d'un seul brin de paille, éditions Trédaniel).

 
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